Acquis en MG

La vision, la mission et les valeurs du GBO

Notre vision du système de santé

Les meilleurs soins, accessibles à tous, au meilleur endroit, par le prestataire le plus adéquat, au moment le plus opportun, et au juste prix.

Notre mission

Relayer et défendre, au niveau des organes de concertation et de décision, les intérêts, attentes et avis des médecins généralistes francophones. Leur assurer une qualité de vie préservant l’indispensable équilibre entre vie professionnelle et privée, pour leur permettre de mieux jouer leur rôle clé dans le système de santé publique.

Nos valeurs

« Science, conscience, bon sens » Dr Paul Pierret, ancien président du GBO.

« Les meilleurs soins, accessibles à tous, au meilleur endroit, par le prestataire le plus adéquat, au moment le plus opportun, et au juste prix. »

Le chemin parcouru

Notre système de soins a négligé, durant de trop nombreuses années, la spécificité de sa première ligne. En particulier, celle de la médecine générale. Il a, au contraire, survalorisé l’usage de la technologie et de l’hôpital comme lieu privilégié de soins. La formation hospitalo-universitaire est encore trop influencée par un courant dominant spécialisé qui ne reconnaît pas de manière suffisante le rôle essentiel de la MG. Au sein des facultés de médecine, un savoir très parcellisé, dont on ne conteste certes pas la pertinence, a longtemps prévalu, au détriment d’une vue transversale, globale, et de santé publique, nécessaire aux soins primaires (de primary = essentiel).

Mais les choses ont changé ! Les élections syndicales et le financement des groupements professionnels représentatifs ont permis la revalorisation de la MG. Saluons les efforts remarquables des départements universitaires de médecine générale et de la SSMG, qui font la promotion de l'excellence dans la formation des MG. L’importance de la MG au sein du système de soins belge est de plus en plus reconnue, tant par les pouvoirs politiques que par les citoyens qui se disent satisfaits (95%) à très satisfaits (70%) de leur MG.

Toutefois, s’il nous faut reconnaître des avancées substantielles, les discours officiels ne sont pas toujours suivis d’effets. Qu’ont fait, par exemple, les pouvoirs publics pour anticiper la pénurie de médecins généralistes ? Pourquoi ont-ils permis que 75% des étudiants optent pour la MS, alors que le ratio officiel est fixé à 57% de MS ?

« Là où il y a des difficultés dans l’exercice de la MG, la solution passe par la reconquête de la dimension collective de l’exercice professionnel »

Une profession qui s’adapte à un monde qui change

Le médecin généraliste doit s’adapter à une société qui évolue. Et donc répondre à des besoins grandissants, liés notamment aux conséquences du vieillissement de la population et à un de ses corollaires, l’augmentation du pourcentage de patients atteints de maladies chroniques et/ou de problèmes de santé complexes. Le travail préventif sera d’autant plus impérieux qu’un des enjeux majeurs de ces prochaines années sera le vieillissement en bonne santé.

Mais le métier change aussi de visage : les femmes ont investi massivement les auditoires de médecine. Elles seront demain très largement majoritaires dans les rangs de la médecine générale. En outre, la jeune génération, hommes et femmes confondus, ne souhaite plus exercer le métier comme la plupart de leurs aînés, en sacrifiant leur vie privée au bénéfice de l’exercice d’un art qui ne laissait pas beaucoup de temps et d’espace à la vie de famille et aux loisirs, avec les conséquences que l’on connaît comme le burnout dont la prévalence est de plus en plus inquiétante. Enfin, le regard de la société sur la médecine évolue, lui aussi. Mais ce qui reste constant, c’est l’attachement des citoyens à la fonction de médecin généraliste qu’ils jugent essentielle.

« Grâce à une collaboration des plus fructueuses avec les Cercles de MG et certains hôpitaux, 50 Postes de Garde en MG ont été créés (4 pour Bruxelles, 23 pour la Flandre et 23 pour la Wallonie). C’est une avancée considérable pour le bien-être des MG et de la population. »

Quelles sont les avancées de ces dernières années?

1. Une revalorisation individuelle, par une majoration des honoraires des actes et la création de financements forfaitaires 

Dès 1998, outre la revalorisation de l'honoraire des actes, le GBO a revendiqué, à contre courant de l’autre syndicat, le principe des financements mixtes en MG et la fin du principe de l'indexation linéaire qui prévalait en CNMM, avantageant systématiquement la technicité. Aujourd’hui, l'intérêt de ces financements mixtes est confirmé par la plupart des économistes de la santé ! Au nombre de ceux-ci, notons:

  • le paiement à la Prestation ;
  • le paiement par Patient  (à la capitation), dont le plus remarquable est lié au Dossier Médical Global (DMG), symbole du rôle central du MG ;
  • le paiement par Prestataire, « à la fonction » : forfait annuel lié à l’accréditation ou au Dossier Médical Informatisé (DMI), honoraires de disponibilité, allocation de pratique, revalorisation du statut social ;
  • le paiement à la Pratique : les Impulseo. 

2. Une revalorisation collective de la profession qui soutient la structuration du métier de MG.

  • Le système de garde est mieux organisé

Le GBO s'est fortement investi dans le groupe de travail de la CNMM pour la mise au point des postes de gardes, l’harmonisation de leurs financements et l’encouragement à l’initiative créatrice pour la résolution du problème de la charge de la garde.

Le GBO soutient les projets d'études des CAMG à ce sujet.

Le GBO encourage aussi la profession à développer des projets collectifs pour résoudre le problème de la pénurie de MG dans certains cercles et pour certaines tâches. Un financement idoine doit être dégagé pour les soutenir. Le GBO se fait fort de promouvoir ces projets dans le groupe de travail GARDE de la CNMM.

Grâce à une collaboration des plus fructueuses avec les Cercles de MG et certains hôpitaux, 50 Postes de Garde en MG ont été créés (4 pour Bruxelles, 23 pour la Flandre et 23 pour la Wallonie). C’est une avancée considérable pour le bien-être des MG et de la population. Un budget de 17 millions € a été attribué à la création de ces postes de garde en 2013, dont 6 millions à partir de notre index ! Sous la pression syndicale et du terrain généraliste, Madame Onkelinx, ministre de la Santé publique, s'est engagée dans son « Plan Garde » à investir, durant ces 3 prochaines années, dans la réorganisation de la garde sur tout le territoire belge.

Un numéro de téléphone unique, le 1733, sera mis en place sous la responsabilité de l'Etat. Il permettra le tri des appels, avec un corollaire essentiel : l'Abolition du Caractère Inconditionnel de l'Obligation de Déplacement.

  • Les cercles sont reconnus et financés

Le GBO a fortement soutenu le principe de la reconnaissance et du financement des cercles, obtenus en 2002. Depuis lors, ils ont connu un essor considérable. A ce jour, on en dénombre 195 dans le pays, dont 62 en fédération Wallonie-Bruxelles. Depuis l’AR de 2002, le Conseil Fédéral des Cercles de MG (CFCMG), instance créée au sein du SPF Santé Publique, œuvre pour développer les cercles. Leur rôle et leur implication dans le débat et les processus de décision sont en constante augmentation : gardes, alertes sanitaires, burnout, etc. Le GBO voit en eux des partenaires indispensables pour la promotion et l'organisation de la MG.

  • La pratique de la MG, au sein de la première ligne de soins, est mieux organisée

De nombreuses initiatives intéressantes se sont développées : Services Intégrés de Soins à Domicile (SISD), Réseaux Multidisciplinaires Locaux (RML), Centre de Coordination des Services et Soins à Domicile (CCSSD) : CSD, ASD, Soins Chez Soi et formations indépendantes comme ACCOORD.

Malgré ces avancées, certains problèmes subsistent, notamment en matière de coordination et d’intégration. Le transfert de compétences aux communautés et régions pourrait être l’occasion de mieux organiser les soins de première ligne. (Voir rubrique « organisation des soins », dans « nos objectifs de A à Z »).

  • L'excellence est promue dans la formation universitaire et continue (voir « Formation », dans « nos objectifs de A à Z »)

3. Un développement de l’informatique

L’informatisation est sans nul doute une des plus grandes révolutions dans l’exercice de la médecine générale. Le GBO a activement participé à l’élaboration de son développement.

Comme le souligne le Dr Marc Jamoulle : « l’informatique est au MG ce que l’outil technique est au MS, à la fois une source d’action et un pouvoir d’action. »

Le recueil systématique des données et leur partage numérique devraient permettre un pilotage extrêmement fin des pathologies chroniques, et donc un suivi de haute qualité. La télémédecine est aussi un instrument extraordinaire, notamment pour les MG travaillant en régions appauvries en prestataires de soins. Le recueil des données permettra de surcroit aux praticiens d’apprécier la qualité de la prise en charge de leurs patients. (Voir bref historique dans « Informatisation »)

Conclusion

On le voit, les acquis, tant individuels que collectifs, sont nombreux : le financement de la médecine générale a augmenté; ceux-ci sont de plus en plus présents dans les instances de concertation et de formulation d’avis ; la pratique de la MG au sein de la première ligne de soins et la garde sont mieux organisés; et le rôle essentiel de la MG en santé publique est enfin mieux reconnu !

Il reste, évidemment, encore bien du chemin à parcourir dans tous ces domaines pour rendre ce métier plus attractif ! C’est pourquoi, le GBO s’est fixé un programme clair et ambitieux pour les quatre prochaines années.

« L’informatique est au MG ce que l’outil technique est au MS, à la fois une source d’action et un pouvoir d’action. » Dr Marc Jamoulle