PARIS et Recip-e : « Travailler avec les prestataires de santé et pas contre eux »

Date: 
Vendredi 01 Décembre 2017

Dans la Presse Medi Quality

BRUXELLES 01/12 - « Nous avons toujours voulu offrir aux médecins qui ont encore une activité (même partielle) une application qui leur permette de continuer à prescrire des médicaments à leur entourage », explique le Dr Paul De Munck, Président du Groupement Belge des Omnipraticiens (GBO).

 « Cette application, qui se doit d'être simple, conviviale et gratuite, devrait être accessible même à ceux qui ne disposent pas d'un Dossier Médical Informatisé (DMI). Je ne sais pas où on en est maintenant avec l'application PARIS, je n'ai pas entendu dire qu'elle serait déjà opérationnelle, mais l'Inami nous promet qu'il suffira de se connecter à internet sur un site et de s'identifier avec sa carte d'identité électronique (eID). Le GBO est absolument opposé au fait de demander aux prestataires de soins d'installer un certificat eHealth pour y accéder ; cette position est d'ailleurs partagée par nos collègues de l'ABSyM. »

« Et entre-temps, la saga de l'obligation de passer par la voie électronique pour la prescription se poursuit ! Une proposition sera faite au Comité de l'Assurance ce 4 décembre en vue d'en reporter l'entrée en vigueur (initialement prévue au 1erjanvier 2018) au 1er mai 2018, mais le GBO a toujours été opposé à l'échéance du 1er janvier 2018 et l'est également à celle du 1er mai. Nous réitérons notre revendication de coupler le passage à l'obligation de prescrire par voie électronique à celle du Dossier Médical Informatisé (DMI), qui entrera en vigueur au 1er janvier 2021 – une échéance qui nous semble beaucoup plus réaliste. L'ABSyM nous a enfin rejoints sur cette revendication. »

Le report de l'échéance, qui s'inscrit dans une logique de cohérence et de pertinence, nous permettra de former tous les médecins à l'usage de Recip-e et du DMI. Ce n'est pas que nous voulons ralentir le processus, au contraire, il faut être ouvert à la réalité du terrain. Trop de médecins généralistes nous informent qu'ils quitteront la profession s'ils sont obligés de passer à la prescription électronique, ce qui est évidemment regrettable dans le contexte de la pénurie actuelle. Nous souhaitons donc au contraire qu'ils puissent rester actifs le plus longtemps possible. »

« Il faut rester solidaires et accepter de passer à un nouvel outil, oui, mais pas à n'importe quel rythme et sous n'importe quelles contraintes. Il faut laisser aux médecins le temps de s'approprier les outils.

Il existe entre le discours des autorités sur le déploiement de l'e-santé et le quotidien des médecins généralistes un véritable fossé, dont la SSMG a pu sonder la profondeur grâce à son initiative e-Crash, un point de notification des problèmes rencontrés par les MG dans l'usage quotidien des logiciels médicaux et des e-services qu'ils sont supposés employer.

Les applications d'e-santé mises à la disposition des médecins généralistes sont mal adaptées à la pratique de terrain et, bien qu'elles soient encore immatures et instables, sont rendues obligatoires dans des délais irréalistes… alors même que la réforme des mentalités et de la pratique prend beaucoup de temps et encore plus d'énergie. »